Éducation bienveillante et période d’opposition

opposition

Nous sommes tous un jour surpris, perplexes, et démunis lorsque notre « petit Ange » se transforme entre 18 mois et 2 ans et demi en véritable « petit monstre ».

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Nous essayons depuis sa naissance d’appliquer toutes les pratiques de bienveillance et d’écoute, allaitement, cododo, DME, verbalisation, motricité libre, cette éducation positive prônée, défendue dans tous les livres d’accompagnement parental, et fondés sur les dernières découverte en matière de neuroscience. Nous étudions les pédagogies Montessori, Pickler et essayons chacun avec nos moyens d’apporter à nos Loulous l’aménagement et le matériel nécessaire à son bon développement, son équilibre, son bienêtre.

Et puis, brusquement, presque du jour au lendemain me dit-on souvent, notre petit ange manifeste une opposition forte, avec des « crises » démesurées qui nous laisse complètement perplexes puis anéantis. Nous essayons de continuer avec cette bienveillance que nous avons toujours appliquée mais… « ça ne marche plus » me dit-on.

Que se passe-t-il pour l’enfant dans cette période ?

Tout d’abord, il est important que vous sachiez que si votre enfant manifeste fort son opposition c’est qu’il va bien ! Il s’agit d’une phase normale de son développement psychique, nécessaire même ! Votre enfant réalise qu’il est un individu à part entière avec sa propre pensée et ses propres désirs et s’affirme comme tel !

Depuis qu’il commence à découvrir le monde environnent, il entend beaucoup le « NON » et c’est donc pour cela qu’il choisit ce mot pour s’opposer !

Votre enfant, vous dis juste qu’il grandit et qu’il a envie d’autonomie !

C’est une période qui peut aussi être angoissante pour l’enfant qui réalise le pouvoir qu’il peut avoir sur son entourage : « si je crie fort, je fins par obtenir ce que je veux »

Exemple : « c’est papa qui te couche ce soir, « NON », et les cris sont tellement impressionnants et inhabituels que maman cède.

Cette toute puissance suscite de l’angoisse chez votre enfant et il est important de mettre en place un cadre accompagnement et sécurisant tout à fait possible en restant dans la bienveillance.

Et c’est normal, car on sait que laisser pleurer un enfant de cet âge est mauvais pour le développement de son cerveau !  Et votre enfant a besoin, c’est physiologique du contact de maman ou papa ou nounou (une de ses figures d’attachement) pour se calmer !

Donc que faire ?

Comment l’accompagner vers cette autonomie tout en restant dans la bienveillance.

Votre enfant de 2 ans est comme une cocotte-minute. Ambitieusement, curieux et désireux de progresser au travers de nouvelles expériences il se lance dans une découverte de ses possibilités motrices, sensorielles, d’autonomie, d’affirmation dans ses interactions avec ses proches. Il remplit tout au long de la journée cette cocotte de stimulations diverses en faisant appel à tous ses sens.

Il est confronté à une multitude de frustrations qui provoquent la plupart du temps une colère qui s’exprime par le « NOOOON, VEUX PAS ». Et s’ensuit alors une tempête émotionnelle (cocotte-minute qui explose) souvent de façon très spectaculaire. Il aura alors besoin de vous, ça figure d’attachement pour sortir de cette tempête de votre bienveillance. (Contact physique, doudou, sucette).

Comment l’accompagner vers cette autonomie tout en restant dans la bienveillance ?

C’est une période où quoique vous proposiez, quoique vous fassiez, disiez, vos propositions vont être suivie de ce fameux « non » et de colère.

Votre enfant a besoin qui vous lui fixiez un cadre rassurant et sécurisant et vous allez faire ceci avec bienveillance et fermeté.

Changer sa façon de s’adresser à lui :

Jusqu’à présent vous lui disiez : « est ce que tu veux … » vous allez dire « je te propose de… » L’intonation de la voix est importante, votre enfant doit vous sentir déterminé. Je te propose de, parce que je suis ta maman (papa) et je sais ce qui est bon pour toi.

L’enfant ne doit plus être décideur. C’est angoissant de décider de tout pour maman et papa. Laissez-lui des choix limités !

Vous allez lui proposer des choix limités : « Veux-tu mettre ton pantalon rouge ou le vert ? »  « Je veux une jupe » « c’est le pantalon vert ou rouge que je te propose si tu ne sais pas je vais choisir pour toi » (ton ferme mais bienveillant je rappelle !)

Vous pouvez à ce moment là avoir, au début, une réaction de colère « NON » suivie d’une petite tempête, que vous accompagnez : « j’entends que ça te met en colère, tu as le droit » vous accompagnez la colère et … « alors, rouge ou vert ? » et vous verrez que votre enfant finira par choisir un des deux pantalons.

Il aura choisi et vous aurez accompagné ce choix. Vous pouvez finir par un « tu es grand, je t’aide un peu mis tu y arrives presque tout seul » etc…

Anticipez

Revoyez vos priorités :

Est-ce si important en cette période d’opposition que j’exige la politesse, est- ce bien le moment de commencer l’apprentissage de la propreté, revoyez vos exigences et vos limites ! Certains parents ne sont absolument pas dérangés par le fait que leurs Loulous sautent sur le canapé, et pour certains c’est inconcevable ! Personne d’autre que vous ne peut décider ce qui autorisé ou pas ! Chacun ses propres limites ! Par contre « si tu as besoin de sauter tu peux le faire sur le trampoline ou dans le jardin ou au parc etc…

Mais une fois que ces limites sont fixées il est important de s’y tenir ! « On ne joue par avec la nourriture à table, par contre je te propose une activité pâtisserie »

Votre enfant a le droit d’éprouver de la colère : »je vois (j’entends) que tu n’es pas d’accord, tu as le droit… mais là, je décide que… »

Plus vous enlèverez de contraintes et moins vous aurez de conflits !

Utilisation d’un minuteur :

Vous trouverez dans un de mes articles précédents, « les repères dans le temps » des petits outils qui selon l’âge de votre enfant peuvent l’aider à passer à autre chose en douceur : « lorsque le réveil sonne, nous rangerons ton jeu et tu iras au bain ».

Et oui car il reste des actes incontournables : ceux qui correspondent aux besoins vitaux : manger, se laver, dormir etc…

Essayez en ce temps de confinement de respecter des routines. En effet elles rassurent, sécurisent votre enfant.

Les activités :

En ce moment de confinement vous vivez h 24 avec vos enfants, profitez-en pour lui proposer de participer à la vie ménagère quotidienne et travaillez sur l’autonomie !

Trier les chaussette, aider à mettre le couvert, faire la poussière, manger seul, se servir seul, eau comprise avec des ustensiles adaptés, faire la cuisine, laver les légumes, la vaisselle… Ces activités vont valoriser le fait que votre enfant grandit :  » ben dis donc tu m’aides bien ! qu’est-ce que c’est agréable ! »

Proposez des activités en lien avec ses intérêt du moment, fabriquez une pendule de la météo, observez la nature, (si jardin), lancez-vous dans des grandes parties de cache-cache, des petits jeux de société, lisez, racontez des histoires, fabriquez des marionnettes … Mais toujours en choix limité ! Souvenez-vous…

Votre enfant peut refuser une activité : « tu n’es pas obligé tu peux sortir de l’activité » mais ne rien proposer d’autre.

C’est aussi l’occasion de réaménager sa chambre en faisant un grand tri dans les jouets et agrémenter la déco.

Un coin de retour au calme : Ne laissez jamais un enfant en tempête seul mais vous pouvez lui fabriquer un coin cocooning de retour au calme comportant un panier d’objets sensoriels.

Conclusion : L’opposition est une phase incontournable dans le développement de l’enfant, incontournable et nécessaire. La colère est réparatrice. Vous resterez des parents bienveillant en étant fermes, accompagnant et rassurant.

Christine Deschamps

Telle "Super-Nanny", Christine Deschamps est coach parental (spécialiste en soutien à la parentalité). Basée à Toulouse, elle se déplace partout en France comme par exemple pour la demande de la chaine NRJ12 pour l'émission Tellement Vrai de Mathhieu Delormeau passée en boucle entre juillet 2015 et fin 2016 (vue par plus de 4 millions de personnes). Joignable par téléphone, mail, skype, s'il vous semble que la situation familiale devient vraiment complexe, appelez-la, car elle peut surement vous aider !